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Etudiants : l’infirmerie à l’ancienne est caduque

Reportage

[Non publié - mars 2010, dans le cadre de mon Master ]

On a beau être jeune, intelligent et rempli de promesses d’avenir, bref étudiant, la route qui mène à la vie active est parfois parsemée d’embûches qui conduisent même les plus vaillants aux portes du SUMPPS : le Service Universitaire de Médecine Préventive et de Promotion de la Santé du Saulcy.

Allez savoir pourquoi l’ambiance est toujours un peu intimidante dans les centres de médecine préventive ? Peut-être à cause du silence qui y règne, interrompu sporadiquement par le bruit des portes automatiques. Peut-être que les lunettes sérieuses de la secrétaire qui vous accueille derrière sa cage de verre n’invite pas vraiment à la décontraction. Peut-être que la simple étiquette « antre à malade » et les blouses blanches qui y circulent tels des fantômes donnent à ce bâtiment un caractère obscur. Toujours est-il, qu’à peine la porte franchie, on se tait et on attend comme un enfant sage. Pourtant, de l’immense panneau d’affichage en liège aux présentoirs à prospectus, tous les slogans sont unanimes quant au ton « jeuns » et désinvolte que l’on peut adopter entre ces murs. Et ce n’est pas la corbeille de préservatifs lubrifiés, négligemment posée sur la table basse telle une boîte à bonbons, qui dira le contraire. Ici et de toute évidence, on peut s’exprimer et obtenir des réponses sans tabous.

Pas de haute chirurgie

Derrière ce décor de centre aéré pour ados, une véritable équipe médicale et sociale veille, conseille et console tous les jours « une population jeune et en bonne santé mais aussi multirisque ». Il y a, par exemple, Harmonie VIVARELLI, diététicienne depuis 7 ans sur le site du Saulcy. Jeune femme souriante, la voix posée, elle détaille presque studieusement les différentes attributions du centre dirigé par le Dr Sylvie VAILLANT sous la bienveillance du Président de l’Université. Visites médicales, veille sanitaire, soins infirmiers, aides sociales, consultations spécifiques (contraception, addiction et nutrition étant les trois mamelles d’une prévention jeune qui se respecte) et bien entendu orientation vers des spécialistes si nécessaire. Car la médecine préventive n’est pas un hôpital, ici « pas de prescription hormis pour la pilule, ni de haute chirurgie » précise Mme VIVARELLI non sans humour. En tant que diététicienne, elle reçoit quotidiennement des jeunes qui veulent perdre, prendre du poids, mais aussi ceux qui ont besoin d’aide pour organiser leur repas malgré une allergie alimentaire, un diabète ou des problèmes de budget. C’est bien là que réside la mission du centre, au-delà des actions sanitaires obligatoires stipulées dans ses statuts : apporter une réelle dimension psychologique et sociale à la notion de promotion de la santé.

Interroger certains comportements à risque

Huguette LAROCHE, infirmière depuis 1996 au centre, agite son crayon à papier pour insister davantage sur cette idée : « Je pars toujours de ce point : les jeunes sont par définition en bonne santé, mais le bonheur, l’environnement, la personne, ça joue sur la santé. Nous sommes là pour les aider à faire face aux différents éléments de la vie ». Pour ce faire, il est nécessaire de rapprocher l’équipe médicale des étudiants, « l’image du lycée avec l’infirmière moralisatrice perdure malgré nos actions, nous ne sommes pourtant pas là pour juger mais simplement pour interroger, interpeler sur certains comportements à risque ». C’est là qu’interviennent les étudiants-relais : dix étudiants salariés du service, 20 heures par mois, qui travaillent à la préparation et à la diffusion desdites actions. D’après Mme VIVARELLI, leur présence est plus qu’utile : « Nous sommes des professionnels face à des étudiants, les étudiants-relais tissent des liens, ils nous aident à nous adapter au public jeune ».

Soutien et temps d’écoute

D’ailleurs les retours sont généralement bons sur la prise en charge dont les visiteurs font l’objet. Que ce soit lors de la visite médicale prescrite aux étudiants de Licence, lors d’un rendez-vous avec une assistante sociale pour faire appuyer leur dossier de bourse, ou pour un petit coup de moins bien, les étudiants interrogés déclarent volontiers avoir apprécié le soutien et le temps d’écoute dont ils ont pu bénéficier. Un bémol cependant, le cas d’une étudiante qui n’avait pas été prise au sérieux et qui a fini par faire un malaise sur place. Mais ce type de cas reste extrêmement rare et l’on ressort plutôt du centre de médecine préventive soulagé et détendu, comme un enfant sage qui aurait finalement aperçu les yeux rieurs de la secrétaire derrière ses lunettes sérieuses.